Dans la maladie

priere dans la maladie

OPEREZ  MA  RENAISSANCE
(Xavier Grall)
 
Seigneur Dieu, ce que pour Lazare en belle Galilée vous avez fait,
Ne le ferez-vous pas pour ma chair tant abîmée ?
Seigneur, c’est votre grâce que je supplie et non votre puissance.
Opérez ma renaissance.
Il suffit d’un peu de souffle dans ma poitrine,
D’un peu de salive sur ma bouche chagrine.
Seigneur, maître de la vie, voici donc ma supplique.
Prenez mes plaies et mes peines,
Allégez ce fardeau que je traîne dans les blanches cliniques.
 

JESUS  EST  CHARGE  DE  SA  CROIX
(J.P. Dubois-Dumée)
 
Nous avons tous, Seigneur, des fardeaux à porter.
Cette maladie qui nous frappe, lèpre ou cancer,
Pourquoi, pourquoi, Seigneur ?
Cet enfant handicapé, ce débile mental profond,
Pourquoi, pourquoi, Seigneur ?
Toutes les injustices qui nous brisent, nous révoltent :
Le chômage et la misère, la guerre et la violence,
La dictature et l’exil, les privations et la faim ;
Nous sommes écrasés sous leurs poids,
Pourquoi, pourquoi, Seigneur ?
Aide-nous, Seigneur, à porter nos croix,
Comme tu as porté nos croix.
Et nos croix deviendront des actes d’amour
Elles nous feront participer à la rédemption.
Alors tout s’éclaire, Seigneur, au milieu de l’obscurité,
Tout prend un sens au milieu de l’absurdité.
Que ta croix, Seigneur, soit notre lumière, notre prière.
 
  
JE  SUIS  LA
(J.D.Freeman)
 
Tu peux ne pas me voir,
Pourtant je suis la lumière qui te permet de voir.
Tu peux ne pas m’entendre,
Pourtant je suis la voix qui parle pour toi.
Tu peux ne pas être sensible à moi,
Pourtant je suis la force qui s’exprime par tes mains.
Sans cesse je suis à l’ouvrage,
Même si tu ne comprends pas comment.
Sans cesse je suis à l’ouvrage,
Même si tu ne sais pas pourquoi.
 
Je ne suis pas vision étrange.
Je ne suis pas que mystères….
Pourtant, je suis là. J’entends. Je réponds.
Quand tu as besoin de moi, je suis là.
Même lorsque tu me renies, je suis là.
Même lorsque tu es éperdu de solitude, je suis là.
Lorsque tu as peur, je suis là.
Lorsque tu souffres, je suis là.
Je suis là lorsque tu pries,
Et je suis là aussi lorsque tu ne pries pas.
Je suis en toi et tu es en moi….
Tu peux ne pas me trouver, je te trouve.
Même si ta foi en moi vacille,
Ma foi en toi jamais ne faiblit, parce que je t’aime.
O bien-aimé, je suis là.
 
 LAISSE-MOI  CRIER
(A.  de Palmaert)
  
Oh ! Mon Dieu, laisse-moi crier
Même si je pense que tu ne m’entends pas.
Toi qui me sembles si lointain,
Et moi qui crois que tu restes insensible
Aux cris de tes enfants.
Laisse-moi crier même si je crois
Que tu ne m’écoutes plus.
Toi qui t’es lassé, peut-être, des bruits du monde,
Et moi qui ne sais pas que tu es si proche.
Laisse-moi crier, mon Dieu,
Mais, par ta grâce, transforme
Ma plainte en cri d’espérance,
Ma douleur en attente
Et ma fureur en prière.
 
 A  L’HEURE  DE  LA  MORT
(Père Carré)
 
 Seigneur, depuis que j’ai vu mourir, je sais que la mort reste une vraie lutte.
Soit parce que la maladie déchire, soit parce que les forces que l’on a encore
Retardent l’heure de capituler.
Pourtant, s’il te plait, Seigneur, à la pensée, à l’approche de la mort,
Ne me retire pas le don de la Joie.
Que la fragilité de mon corps et sa lente usure
Ne fassent jamais pâlir mon sourire, n’altèrent jamais ma vaillance intérieure.
Parce que je suis le réceptacle de ta Vie,
Je voudrais que cette vie rayonne autour de moi,
Jusqu’en la minute inimaginable où je m’endormirai sur ton épaule.
 
   
JE  M’ABANDONNE  A  TOI
(Jean Delumeau)
 
J’aimerais être assez conscient pour redire la parole du sauveur :
« Père, entre tes mains je remets ma vie. »
Elle a eu ses peines et ses joies, ses échecs et ses succès,
Ses ombres et ses lumières, ses fautes, ses erreurs et ses insuffisances,
Et aussi ses enthousiasmes, ses élans et ses espérances.
 
J’ai terminé ma course. Que je m’endorme dans ta Paix et ton pardon !
Sois mon refuge et ma lumière. Je m’abandonne à toi.
Je vais entrer dans la terre.
Mais que mon ultime pensée soit celle de la confiance.
Puissé-je alors me rappeler le verset cité par Saint Paul :
« Eveille-toi, ô toi qui dors, lève-toi d’entre les morts,
Et sur toi luira le Christ ! »
 
Sûr de ta Parole, Seigneur, je crois que je revivrai avec tous les miens
Et avec la multitude de ceux pour qui tu as donné ta vie.
Alors la terre sera rénovée, réhabilitée, il n’y aura plus ni mort, ni peur, ni larme.
 
 
LES RACINES DU VRAI BONHEUR
(F.C.P.M.H)
 
Seigneur, je te rends grâce !
J’aimerai pouvoir marcher et courir, mais mes jambes ne répondent plus !
J’aimerai coudre, broder, cuisiner, mais mes mains et mes doigts sont déformés.
J’aimerai lire, admirer la nature et tout ce qui m’entoure,
Mais mes yeux sont obscurcis !
Mais je te rends grâces, Seigneur !
Parce qu’au fil des jours, tu me fais découvrir les racines du vrai bonheur !
Tu me fais connaître la valeur d’une vie au ralenti, tu me donnes le temps de te rencontrer, le temps de nous rencontrer les uns les autres !
Tu me montres qu’il existe une force du cœur plus grande que celle des muscles, Une agilité de l’esprit plus grande que celle des jambes,
Et une puissance d’aimer plus forte que tout résultat sportif.
 
Seigneur, tu n’aimes pas la maladie, mais tu aimes tellement les malades !
Je sais par Jésus qui est amour, que nos souffrances offertes
Sauvent le monde de l’égoïsme et du mal.
  
OFFRANDE
(Enzo Bianchi)
 
Seigneur, aux jours de souffrance et de douleur,
Mon corps m’est un fardeau,
Mais toi, fais-en une harpe qui te prie et te chante :
Alors dans mon corps, je te glorifierai,
Trouvant une demeure pour mon désir d’aimer et d’être aimé.
Et quand mon corps retournera à la terre dont il est tiré,
Seigneur, rends le vigilant dans l’attente :
Attente de ton Esprit qui donne la vie
Attente de la résurrection de la chair,
Car ton amour, Seigneur, vaut plus que la vie.
  
CONDUIS – MOI, DOUCE LUMIERE
(Cardinal Newman)
 
Conduis-moi, douce lumière, à travers les ténèbres qui m’encerclent.
Conduis-moi, toujours plus avant ! Garde mes pas.
Un seul pas à la fois, c’est bien assez pour moi.
Je n’ai pas toujours été ainsi et je n’ai pas toujours prié
Pour que tu me conduises, toi, toujours plus avant.
J’aimais choisir et voir mon sentier, mais maintenant,
Conduis-moi, toi, toujours plus avant.
Si longuement ta puissance m’a béni : sûrement encore elle saura me conduire.
Toujours plus avant, par la lande et par le marécage,
Sur le rocher abrupt et le flot du torrent,
Jusqu’à ce que la nuit s’en soit allée,
Et que dans le matin sourient ces visages d’anges que j’avais aimés
Il y a bien longtemps et que j’avais perdus pour un temps.
 
TU SAIS, SEIGNEUR
(Christiane Bouic)
Tu sais bien, Seigneur : je suis incapable d’accepter la vie
Telle que Tu me l’as donnée.
Combien de fois j’ai été tentée d’y mettre un terme.
Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce que je devrais accepter ces souffrances ?
Tu sais bien, Seigneur, elle n’est pas facile cette route qui s’avance vers toi.
Que de fois, au bord du chemin, n’ai-je eu envie de tout abandonner ….
Mais tu es venu saisir ma main pour me tirer toujours plus haut,
Toujours plus proche de ton amour éclatant.
Permets que je Te dise merci….


SOIS SANS CRAINTE !
(Marie-Hélène Manent)
 
« Sois sans crainte ! »
Comment cela pourrait-il être ?
Dès le matin, ma chair et mon cœur crient, l’incertitude, le doute et la peur m’habitent
La solitude est ma seule compagne !
Mais au cœur des ténèbres une petite lumière : quelqu’un frappe et vient à ma rencontre
Ce n’est pas un rêve : quelqu’un me regarde avec bienveillance
Un parfum de bonté m’enveloppe.
J’ose ouvrir les yeux, j’ose me laisser toucher. Une voix douce parvient à mes oreilles :
« Sois sans crainte, ose la confiance, accepte la main offerte pour traverser le gué ! »
Tout à coup apaisée, mon âme s’éveille et chante, la vie m’appelle encore à tisser du temps
Du neuf jaillit en moi…..
Et si c’était cela l’Espérance ?
 
 

Maladie et souffrance


BENIS LES CŒURS AMERS
(Edith Stein)

Bénis les cœurs, Seigneur, les cœurs amers.
Donne aux malades le soulagement,
Enseigne l’oubli à ceux que tu as privé de leur bien le plus cher.
Ne laisse personne sur la terre entière dans la détresse.
Bénis ceux qui sont dans la joie, protège-les Seigneur.
Moi, tu ne m’as jamais, à ce jour, délivrée de la tristesse.
Elle me pèse parfois beaucoup, néanmoins tu me donnes ta force
Et je peux ainsi la porter.


O ENERGIE DE MON SEIGNEUR
(Teilhard de Chardin)

Lorsque sur mon corps, et bien plus sur mon esprit,
Commencera à marquer l’usure de l’âge,
Quand fondra sur moi, du dehors, ou naîtra en moi du dedans,
Le mal qui amoindrit ou emporte,
A la minute douloureuse où je prendrai conscience
Que je suis malade ou que je deviens vieux,
A ce moment dernier, surtout,
Ou je sentirai que je m’échappe à moi-même,
Absolument passif aux mains
Des grandes forces inconnues qui m’ont formé,
A toutes ces heures sombres,
Donnez-moi, mon Dieu, de comprendre que c’est Vous
Qui écartez douloureusement les fibres de mon être,
Pour pénétrer jusqu’aux moelles de ma substance,
Pour m’emporter en vous
O énergie de mon Seigneur, force irrésistible et vivante.

DONNE-MOI LA FORCE
(François Denis)

Donne-moi la force, Seigneur !
La maladie me touche, elle me ronge lentement.
Mon corps ne me ressemble plus.
Ma vie, tu le sais, ne tient plus qu’à un fil.
Donne-moi simplement la force, la force d’être jusqu’au bout,
La force d’aimer jusqu’au bout,
La force d’espérer et te voir bientôt face à face.


SOUTIENS MON COURAGE
(Pierre Dufresne)

Seigneur, il m’est difficile de comprendre et d’accepter cette souffrance
Toi, qui, durant toute ta vie terrestre as guéri les malades
Soutiens mon courage, donne-moi la sérénité, délivre-moi du mal.
Quand je ne trouverai plus les mots pour prier,
Accepte ma maladie comme une prière
Fais que cette épreuve me rapproche de toi
Souviens-toi de mes parents, de mes amis, des autres malades
De ceux et celles qui prennent soin de nous
Garde-nous Seigneur dans ton amour.


J’AI TOUT REMIS ENTRE TES MAINS….
(Marie Henrioud)

J’ai tout remis entre tes mains, ce qui m’accable et qui me peine,
Ce qui m’angoisse et qui me gêne, et le souci du lendemain.
J’ai tout remis entre tes mains.

J’ai tout remis entre tes mains, le lourd fardeau traîné naguère,
Ce que je pleure, ce que j’espère, et le pourquoi de mon destin.
J’ai tout remis entre tes mains.

J’ai tout remis entre tes mains, que ce soit la joie et la tristesse,
La pauvreté ou la richesse et tout ce qu’à ce jour j’ai craint.
J’ai tout remis entre tes mains.

J’ai tout remis entre tes mains, que ce soit la mort ou la vie,
La santé ou la maladie, le commencement ou la fin.
J’ai tout remis entre tes mains.

LA CHANSON DE L’EVANGILE
(Gabriel Ringlet)

Peut-être est-ce cela le fond du fond de la chanson de l’Evangile :
Jésus vient « tout près » dire à chacune, à chacun,
Que la musique de sa voix est particulière.
Dieu a besoin de votre chanson
Même si vous êtes en ce moment sur un lit d’hôpital,
Même si la tendresse a déserté votre maison,
Même si votre chanson est désespérée parce que l’avenir vous paraît compromis……
Dieu a besoin de votre chanson
Soyez sans crainte, vous valez bien plus que tous les moineaux du monde !
Même vos cheveux sont tous comptés, même si vous êtes chauves…..
Dieu vous prend sur les genoux et vous caresse la tête :
« Une femme, dit-il, peut-elle oublier le petit qu’elle nourrit ?
Quand bien même il lui arriverait de l’oublier, moi, jamais je ne t’oublierai.
Vois donc, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains…. » (Isaïe 49, 15-16)


RESTE AVEC NOUS

Reste avec nous, Seigneur, déjà le jour baisse.
Reste avec nous et avec toute ton Eglise.

La nuit approche et les malades la redoutent.
Ceux qui ne dorment pas, veille sur eux, tu es la Lumière
Ceux qui souffrent, apaise-les, tu es la Paix
Ceux qui n’en peuvent plus, soulage-les, tu es douceur et force
Ceux qui sont seuls, visite-les, tu es l’Amour
Ceux qui sont endormis, protège-les, tu es l’Espérance.

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous, tu es la Vie.
Amen


PRIERE POUR LES MALADES
(Jean-Paul II)

Chers frères et sœurs malades,
Je voudrais vous serrer dans mes bras, l’un après l’autre, de manière affectueuse
Et vous dire combien je suis proche de vous et solidaire de vous.
Je le fais spirituellement
Vous confiant à l’amour maternel de la Mère du Seigneur
En lui demandant de vous obtenir les bénédictions et les consolations de son Fils Jésus.


SILENCE DE DIEU

Silence de Dieu au jardin d’agonie, Silence de Dieu qui rend la nuit plus noire,
Silence de Dieu quand la coupe est à boire,
Tu es l’enfantement d’une autre vie où la mort est changée, un matin, en victoire
Dieu, berger du silence.

Silence de Dieu quand l’arbre meurt en croix, Silence de Dieu tu deviens cette sève,
Silence de Dieu qui vit et qui relève
Tu donnes le fruit mûr du Golgotha qui germe en son tombeau, se redresse et se lève
Dieu, berger du silence.

Silence de Dieu qui alourdit nos croix, Silence de Dieu au temps de nos souffrances
Silence de Dieu qui ressemble à l’absence
Tu es saison d’hiver et de vents froids où germe en notre sol, lentement, ta semence
Dieu, berger du silence

Silence de Dieu dans la vie de Marie, Silence de Dieu, bonheur caché en elle
Silence de Dieu, dur aux pleurs maternelles,
Tu as choisi le secret de la nuit à l’heure d’enfanter la Parole Eternelle
Dieu, berger du silence

EUCHARISTIE INTERIEURE
(revue Prier)

Mon Dieu, mon âme est un temple.
Tu en occupes cette part spirituelle et profonde
Qui en est le centre, le foyer mystérieux de mes facultés.
Tu t’y tiens sans cesse, tu m’appelles à te rejoindre
Tu veux t’y donner à moi, me communiquer tes pensées,
Toute ta Vie qui est Vie Eternelle.

Aussi ce soir, pour remplacer la messe paroissiale où je ne peux aller,
J’entrerai dans ce sanctuaire, je m’approcherai de cet autel de mon âme
Je te présenterai mon pauvre être qui se disperse et se fatigue.
Je le recueillerai comme le moissonneur ses grains
Je referai en toi et par toi son unité qui est sa force.
Au lieu de mille pensées en désordre et de désirs incohérents
Je n’aurai plus qu’une pensée et qu’un désir :
Te connaître, t’aimer toi seul et tout aimer en toi et pour toi.

Comme dit le psalmiste : je m’approcherai de l’autel de Dieu
Du Dieu qui fait aux âmes une éternelle jeunesse.


ENDURER LE MALHEUR
(Francine Carillo)

Dans les matins délavés, quand il faut renouer avec les gestes de toujours,
Endurer un autre jour, se maquiller l’âme et les donner l’air,
On cherche l’erreur ou plutôt l’auteur de son inépuisable malheur.
On interroge l’origine, on met à la question un dieu que l’on peint en démon.
Qu’il s’explique enfin cet étrange créateur qui donne un vie d’où peut se retirer l’envie !


QUE TA LUMIERE ECLAIRE MA NUIT
(Michel Hubaut)

De jour et de nuit, l’angoisse me ronge.
Je n’ai même plus la force de pleurer. Je ne sais plus prier.
Je ne suis qu’un corps qui a mal, un pauvre petit animal
Qui en a assez de souffrir et qui a peur de mourir.
C’est trop long Seigneur ! C’est trop long !
Au cœur de ton silence, ouvre mon cœur à ta discrète et fidèle présence.
Apaise-moi, fortifie-moi. Donne-moi la force de lutter avec Toi
Et de m’abandonner, jour après jour, à ton Amour.
Que ta lumière éclaire ma nuit comme le soleil qui caresse le rebord de mon lit.
Tourne vers moi ton Visage. Je crois que tu m’aimes.
Entre tes mains, je remets mon esprit.